Le port de Granville
vue aérienne
 
Le Chateau ou Manoir de la Horie
 
La Piémontaise - Les corsaires
Vue sur Granville et ses ports :
  • A droite, le port du Hérel, construit sur les rives de la Bosq, il est situé à proximité du centre ville, il est équipé d’un seuil submersible maintenant un plan d’eau permanent à marée basse.
  • Au centre, le port à flots, fermé par une porte d’ebbe. Son marnage est l’un des plus importants du monde avec 11,60 m pour une marée de coefficient 100.
  • A gauche, le port d’échouage ou avant-port est un des plus beaux d’Europe, s'asséchant complètement à marée basse.
Aujourd'hui port de commerce, de pêche et de plaisance actifs, Granville, protégée par la pointe du Roc, est résolument orientée vers la mer. Il peut accueillir les bateaux jusqu'à 18 m de large, 125 m de long et 6 000 tonnes de jauge.
La vieille ville, est située sur un promontoire rocheux escarpé et entourée de remparts. Le nom de la ville vient du nom de la famille Grant qui s’installe sur des terres offertes par Guillaume le conquérant.
En 1439, un capitaine anglais construit une première fortification, mais la ville fut reprise 3 ans plus tard. Les fortifications furent étendues en 1720.
Le port fût amélioré et servit de refuge aux corsaires chargés d'attaquer les navires anglais. Le port fût bombardé par les anglais en 1695, assiégé par l'armée de Vendée en 1793 et par les anglais en 1808.
La construction du port avec sa grande jetée, ses quais et ses bassins à flots, s’étend sur tout le 19ème siècle.
Le port fut très actif dans la grande pêche à Terre-Neuve (jusqu’à 110 voiliers) et le dragage des huitres.
 
Préférant le calme de la campagne au tumulte de la haute ville Louis-Jacques Epron de la Horie avait acquis une propriété de "la Horie" (en scandinave : "petite barque") où il fit planter des conifères, élever une grande villa dite "le manoir" ou "le château", avec un large perron et une une jolie grille en fer forgé, ainsi qu'une chapelle, une ferme et un belvédaire au nord-ouest, d'où il pouvait scruter l'horizon maritime, témoin de ses exploits.
Ce château, bâti pour sa seconde femme, Marie-Elisabeth de Rosamel est une grande bâtisse du XVIIIème siècle avec une belle façade dans un parc ombragé de grands arbres et de conifères.
Louis-Jacques Epron de la Horie avait aménagé les communs afin d'avoir une vue circulaire sur la mer.
Vers l'ouest, la gloriette permettait de voir l'arrivée des bateaux dans le port ; il y a quelques années, celle-ci en ruine a été détruite.
Au sud-ouest se trouve la petite chapelle au plafond lambrissé conçue pour recevoir la famille.
 
Envoyée à l'île de France (aujourd'hui l'île Maurice) en mars 1806, la frégate La Piémontaise, du capitaine de vaisseau Epron, rencontre, le 21 juin, le vaisseau armé Warren Hasting, navire de guerre affrété par la compagnie des Indes. Au bout de 4 heures de combat, l'Anglais est capturé, et sera ramené à l'île de France.
Quand on évoque les corsaires, il ne faut pas confondre avec les pirates.
C’étaient avant tout des marins confirmés. Ils montaient des bateaux armés par des particuliers avec l’autorisation du gouvernement, dans le but de faire la chasse aux bâtiments marchands des nations ennemies ou assurant le ravitaillement de celles-ci.
Les capitaines recevaient "une lettre de marque" leur permettant de pratiquer la course.
Les navires qu’ils capturaient étaient armés par leur nouveau propriétaire sous le pavillon Français et les marchandises étaient vendues, conformément à la loi. Le produit en était réparti suivant les termes de contrats passés en bonne et due forme entre l’armateur, les officiers et l’équipage.

 
Granville au XVIIIème siècle
 
Cimetière Notre-Dame
Tombe du comte François d'ANTERROCHES
Histoire :
Vers la fin du IIIème siècle, les Saxons venant du nord et de l'est de l'Europe déferlent sur le littoral. Ils se fixent surtout dans le nord de la France. Leurs incursions concernent également sur toute les côtes de la Neustrie (l'actuelle Normandie).
Vers le milieu du IXème siècle, les Vikings norvégiens abordent en Islande. Dans le même temps, ils débarquent sur les rives de la Neustrie.
Les Vikings ravagèrent entre 836 et 847 Jersey, Guernesey et le rivage qui est en face de la Bretagne. Ces Vikings norvégiens venaient d'Irlande et nombre d'entre eux se fixèrent dans le Cotentin.
La presqu'île granvillaise a alors pour nom Lihou, dont l'origine norroise signifie rocher en pente.
Après le traité de Saint-Clair-sur-Epte, les Normands vont prendre possession de la presqu'île de Lihou qui leur permet d'abriter leurs snekkjas (plus petit drakkar utilisé pour la guerre).
Le nom de Granville apparaît alors. Certains prétendent que cet anthroponyme ait pour radical Gran, qui serait en fait le nom du chef viking norvégien ayant pris possession du lieu après 911. Notons qu'il existe en Norvège, au nord d'Oslo, une petite ville (1 500 habitants) du nom de Gran.
La forteresse de Granville est édifiée en 1439 par l'officier anglais Thomas Scales, sur ordre du roi Henri VI d'Angleterre, afin d'isoler le Mont-Saint-Michel, dernière tête de pont française en territoire normand. Le château tombe définitivement aux mains des Français en 1443. En particulier, Scales avait fait creuser une tranchée isolant le Roc de la terre, qui reçut le nom de Tranchée aux (ou des) Anglais, nom encore employé jusqu'au milieu du vingtième siècle pour désigner l'endroit où se trouve actuellement le parking du casino. Cette tranchée était franchie par une passerelle, d'abord en bois puis remplacée en 1886 par une passerelle de fer, enlevée en 1911.
Le 14 novembre 1793 les Chouans conduits par Henri de Larochejacquelein assiègent Granville. La rue aux Juifs est incendiée mais la Haute Ville résiste. Cet échec est déterminant dans la déroute subséquente des Vendéens et la défaite de la chouannerie. Le nom de Granville-la-Victoire est donné à la ville à cette époque, mais il n'est pas conservé. Une plaque commémorative apposée sur le pont-levis menant à la Haute Ville rappelle cet événement.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, l'armée allemande construit de nombreux blockhaus sur la Pointe du Roc, partie du Mur de l'Atlantique. Plusieurs ont été conservés.
Granville est libérée le 30 juillet 1944.
 
Comte François d'Anterroches :
Le comte François d'Anterroches, baron de Peyrusse, est né le 16 janvier 1804 à Peyrusse, dans le Limousin. Lieutenant au 50ème régiment d'infanterie, colonel, conseiller municipal de Granville, chevalier de la Légion d'Honneur, décoré de la médaille d'Italie. Il est le fils d'Alexandre César Louis cadet d'Anterroches, comte d'Anterroches et d'Alberte Françoise de Joussineau de Tourdonnet. Colonel en retraite, il est décédé à Granville en 1869 à l'âge de 65 ans.
Son épouse, Camille Théodora Tripe, est issue, par sa mère Marie Marguerite Victoire, d'une des grandes familles granvillaises, les Epron de la Horie. L'un des oncles de son épouse, Louis Jacques Epron de la Horie maire de Saint-Nicolas.
Les titres de gloire du comte d'Anterroches sont, certes, importants, mais si son nom est passé à la postérité, c'est à l'un de ses ancêtres qu'il le doit. En effet, le lieutenant général Joseph, Charles, Alexandre d'Anterroches, s'est couvert de gloire à la bataille de Fontenoy, en 1745.
C'est lui qui prononce l'une des phrases les plus connues du répertoire des expressions françaises, aussi connue que la date de 1515. C'est donc lui qui, chapeau bas, au milieu de ses dentelles, s'écrie : « Messieurs les Anglais, tirez les premiers ».
Notons d'abord que le fait de laisser l'ennemi tirer le premier n'est pas une marque de civilité mal placée, mais une simple tactique due à la lenteur de rechargement des fusils : celui qui tire le premier se trouve, théoriquement, en situation désavantageuse.
Ce n'est pas du tout le cas à Fontenoy car, forts de l'invitation, les Anglais tirent, ligne après ligne, dans un feu roulant qui tue immédiatement un millier de français et ils faillirent bien l'emporter à ce moment-là.
C'est Voltaire lui-même qui, dans son Précis du Règne de Louis XV, rapporte ainsi l'épisode :
« Les officiers anglais saluèrent les Français en ôtant leurs chapeaux. Le comte de Chabanne, le duc de Biron, qui s'étaient avancés, et tous les officiers des gardes françaises leur rendirent le salut. Milord Charles Ilay, capitaine aux gardes anglaises cria : « Messieurs des gardes françaises, tirez. » Le comte d'Anterroches... leur dit à voix haute : « Messieurs, nous ne tirerons jamais les premiers ; tirez vous-mêmes ». Les Anglais firent un feu roulant. »

Le retour des corsaires
par Maurice Orange
Le port de Granville
vue de la jetée
Granville
Granville
Granville
La haute ville (coté nord)
Granville
La Haute ville
Granville
Le port
Granville
Bateaux morutiers au retour de Terre-Neuve
Granville
La Granvillaise
Départ pour les bancs de Terre-Neuve
Granville
Le tramway
Granville